Metalgroup est une entreprise de travail adapté (ETA) employant majoritairement des personnes en situation de handicap. En 2024, elle a lancé la marque SCRAP pour valoriser ses chutes de matériaux et créer une gamme de mobilier. C’était sans compter les différentes externalités que ce beau projet a dégagées. SCRAP illustre les enjeux concrets de la mise en marché d’un projet d’économie sociale.
Active depuis 1967, Metalgroup est une ASBL wallonne spécialisée dans le travail du métal et les activités industrielles adaptées. Implantée à Marcinelle, l’ETA compte actuellement plus 150 collaborateur·ices, parmi lesquel·les on compte 85% de personnes en situation de handicap. Sa force tient à la diversité des savoir‑faire : tôlerie, ferronnerie, usinage, plexi, bois, peinture, conditionnement, impression‑reliure et plus encore. Aujourd’hui, c’est en tout onze ateliers actifs, qui desservent plus de 400 client·es.
Metalgroup combine insertion professionnelle et viabilité économique. Même si elle a le statut d’une ASBL, elle doit veiller à son équilibre financier. Toutefois, elle mise essentiellement sur l’humain, la réinsertion et la montée en compétence. Les client·es de cette ETA sont des PME ou des particuliers, et les produits vont de la minisérie à assembler à des séries moyennes à produire et livrer.




La genèse du projet SCRAP et son orientation design
Lors d’un moment creux en production, l’un des moniteurs a décidé de réaliser un meuble à partir de chutes. Il est alors décidé de produire une série commercialisable sous le nom de MgLine. Plusieurs ateliers et départements de Metalgroup interviennent dans le processus de cette production.
Les premiers retours commerciaux de MgLine révèlent un bon accueil des meubles produits, qui, cependant, n’arborent pas les standards pratiques attendus par les acheteur·euses.
En parallèle, dans l’optique d’aller toujours plus loin dans la durabilité de l’entreprise, l’équipe décide de répondre à l’appel à projets Go Circular et remporte un accompagnement professionnel de l’ICEDD. Lors de cet accompagnement, l’équipe redéfinit le projet de mobilier et repense les produits pour mieux correspondre aux attentes du marché.
À la recherche de spécialistes de la forme et de la fonction

Metalgroup décide de faire appel à des professionnels du design, trouvés par l’intermédiaire de personnes ressources : Patrick Everaert et Sylvain Busine. Le premier est artiste et designer, actif dans le design d’objets et de mobilier éco-responsables, ainsi que dans le design d’écosystèmes productifs et pérennes. Le second est designer industriel, avec une spécialité en menuiserie, composés plastiques, métaux, verrerie, mais aussi professeur.
Tout en étant accompagné par Go Circular sur des aspects de durabilité (réusinage, maintenance…), Metalgroup bénéficie d’un regard plus professionnel sur la conception et la production de leur mobilier. Les deux designers proposent des croquis sur base des chutes disponibles, qui se transforment alors en mobilier que Metalgroup fabrique et commercialise. Ils ont également suggéré à Metalgroup de donner un nouveau nom et une nouvelle identité visuelle au projet. Ils proposent le nom de la marque, validé ensuite par Metalgroup : SCRAP Design voit ainsi le jour.
La gamme a été développée avec plusieurs produits et a connu une phase de commercialisation dans plusieurs boutiques belges, ainsi que des collaborations avec des influenceurs. Malgré une communication forte, le suivi n’a pas été assez régulier et les ventes n’ont pas décollé.








SCRAP aujourd’hui
Après quelques mois d’existence, le projet SCRAP a appuyé sur le bouton pause en raison du manque de temps et de ressources humaines pour mener à bien ce projet, mais aussi par manque de matériaux (chutes) et de compétences techniques des équipes. La mobilisation des équipes internes sur SCRAP est impactée par les autres commandes prioritaires et les tâches quotidiennes.
SCRAP est un exemple probant de la complexité mais aussi du potentiel des initiatives qui croisent design, matériaux et inclusion sociale. Le projet montre qu’une ETA peut aussi innover par le design. Car la performance d’une entreprise ou d’un projet, ne se reflète pas toujours dans les chiffres. Une fois l’humain remis au centre de l’équation, avec une vision claire de pourquoi on crée un projet commercial au sein d’une ETA, on arrive à créer des innovations, à challenger les services et à faire parler de soi autrement.
Wallonie Design a accompagné Metalgroup au moment de cette pause et se réjouit de voir les nouveaux chemins que va prendre le projet SCRAP. Si vous souhaitez bénéficier d’un accompagnement par nos équipes, remplissez notre questionnaire en ligne pour prendre rendez-vous (c’est gratuit).
Photos : ©Metalgroup
En lien avec cet article, découvrez notre dossier autour du design et de l’économie sociale.
