©Futurewave
Issus du secteur du soin des seniors, Ellie Gonay et François-Xavier Dalle Rive ont constaté que dans les maisons de repos et les résidences services, les manquements de communication sur le terrain peuvent avoir des effets délétères sur les résidents.
Dans les solutions qui existaient, ils n’ont pas trouvé une qui répondait à leurs attentes. C’est pourquoi ils ont créé la leur, Kando, et ont eu la bonne idée de travailler avec deux agences de design belge, Futurewave et Reed.
Voulant vraiment changer les choses en apportant une solution concrète, Ellie Gonay et François-Xavier Dalle Rive ont décidé de construire leur propre outil, différent des solutions existantes qui ne résolvent qu’un point de friction sans communiquer avec les autres. C’est précisément là que Kando change de perspective.
Pensée comme une véritable interface du soin, la plateforme s’appuie sur un appareil discret, intégré dans le lieu de vie du résident et qui devient un point de contact naturel entre le senior et les équipes. Interopérable avec les logiciels métiers, elle permet d’afficher les plans de soins et les transmissions ciblées, tout en rendant ces informations accessibles et utiles au quotidien. Kando fluidifie ainsi la communication, allège la charge administrative et redonne une place active au résident dans son propre parcours de soin. Et ce, à travers ce système d’appel infirmier revisité pour le terrain, appelé Kando Care ou Kando Nurse Call.
Le terrain, point de départ essentiel
Afin d’éviter d’arriver avec un produit clé en main qui loupe le coche, Ellie et François-Xavier sont partis du terrain qu’ils connaissent bien, et ont impliqué dès le départ les personnes concernées, c’est-à-dire les soignants et les résidents. Pour ce faire, ils ont été accompagnés par Start IA et le CETIC pour structurer des workshops, des interviews et des tests menés directement en établissements.
Sur base de ces retours utilisateurs, ils ont nourri leur idée de base. Kando prend de plus en plus forme : il s’agira d’un boîtier placé dans la chambre, accompagné d’un bouton portatif, les deux reliés à une interface.


Pour concrétiser cette vision, ils font appel à des designers pour deux aspects : le hardware et l’UX. C’est l’agence belge Futurewave qui a pris en charge la conception des appareils et l’audio. Reed, basée à Charleroi, s’est occupée de l’image de marque mais surtout de l’UX/UI design.
Les premiers prototypes matériels ont été rapidement testés en maison de repos et ont permis de revoir la taille, la forme, les usages… mais aussi d’avoir le ressenti direct des futurs utilisateurs. Il en a été de même pour l’interface Kando. Cette approche collaborative et itérative a permis de garantir une adaptation réelle au terrain.
Kando, un produit complet
Le produit final Kando, c’est : une plateforme multimodale combinant un boîtier (Kando Box), un bouton (Kando Smart Button) et une interface UX soignée (Kando Space), dans lequel la saisie vocale a une place importante pour les utilisateurs.




“Une fonctionnalité clé est la saisie vocale, que cela soit par les soignants que par les résidents. Les résidents, s’ils n’ont pas le bouton à portée de main, peuvent solliciter Kando grâce à leur voix. Et les soignants peuvent tout dicter depuis la chambre, améliorant ainsi traçabilité et complétude des rapports, dont le taux est passé chez certains clients de 60 à 99%” – Ellie Gonay, cofondatrice Kando
Le produit incarne plusieurs choix réfléchis avec les designers. Le hardware a été conçu pour ne pas stigmatiser : boîtier et bouton aux contours arrondis, pensés pour résister aux usages quotidiens, arborant des couleurs douces (tons bleus et oranges pour se distinguer de la combinaison blanc-rouge classique).
Les boutons ont une taille étudiée pour ne pas se perdre dans les lits, sont faciles à accrocher grâce à un crochet flexible et évitent les problèmes liés aux petits objets qui pourraient se perdre ou être dangereux.
Côté interface, Reed a travaillé une UX/UI soignée, avec des écrans agréables et lisibles, un contraste marqué avec les logiciels de soins souvent peu ergonomiques.
Au‑delà de l’équipement visible, Kando propose un flux complet : de l’appui du résident jusqu’au rapport d’appel.
Kando, un futur brillant qui s’annonce
Aujourd’hui, Kando est en phase de commercialisation et compte déjà plusieurs maisons de repos déployées. Les retours sont positifs : les équipes apprécient l’esthétique, l’ergonomie et, surtout, les gains concrets en termes d’efficacité. Par exemple, le temps gagné pour la consignation des appels représente facilement jusqu’à une heure par jour sur une maison de repos de 70 lits.
Kando se développe aussi à l’international : cette année, la France, avec le défi de l’adaptation aux législations locales. Mais pourquoi pas plus loin. En parallèle, Kando travaille sur une offre destinée au domicile, où l’objectif sera de proposer des fonctions moins stigmatisantes que les systèmes de téléassistance traditionnels, en mettant l’accent sur la communication et la sécurité en prévention plutôt qu’après un incident.


Encore un coup gagnant pour le design
En recourant au design pour Kando, Ellie et François-Xavier ont activé un véritable levier stratégique. L’approche collaborative et itérative a permis de parfaire le système, qui s’est démarqué par son utilisation et son esthétique des dispositifs existants. En assurant une couverture complète de leur idée par le design, les cofondateurs ont vu juste : le résultat final facilite le quotidien des soignants, améliore la complétude des données et génère des gains de temps tangibles.
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Photos : ©Kando, ©Futurewave

