Sophie Fétro, designer, théoricienne du design et maîtresse de conférences Design à l’université Paris I Panthéon-Sorbonne, vient de sortir le livre Design du peu. Approches poétiques et critiques d’une conception frugale du design.

Trop souvent perçu comme un rouage du marché, le design peut également être pensé comme le lieu propice d’une réflexion sur notre environnement. Et si la vocation du design n’était pas de saturer l’environnement et les commerces d’objets innovants mais, au contraire, de contribuer à un allègement et à un désencombrement du monde ? Alors que l’idée de réduction est souvent perçue sous l’angle d’un renoncement, il s’agira plutôt ici d’envisager ce « peu » comme la promesse d’un moins salvateur, créatif et possiblement heureux.

Le design du peu est alors à considérer comme une alternative à un design du beaucoup trop et des iniquités. Il fait l’hypothèse d’un design moins destructeur, plus en phase avec les problématiques environnementales, sans pour autant réduire sa portée pratique et poétique. Il cherche aussi à interroger ce que pourrait être une juste mesure.

Partant de l’adage de Dieter Rams « Less is better », l’autrice se demande en quoi ce moins serait-il mieux et par rapport à quoi il peut l’être. Il s’agit de questionner la nature de ce « peu » et d’identifier, à la fois ses limites mais aussi ses possibles opportunités. Dès lors que le peu n’est pas le rien, il s’agit également d’interroger les propriétés de ce qui reste, la qualité des expériences vécues, le coût réel des choses en incluant les coûts invisibles : sociaux, environnementaux, relationnels, humains et non humains.

Article rédigé avec le soutien de Wallonie Entreprendre.

 

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